print
 

Baseball en Seine-Saint-Denis : Home run, derby et déjeuner sur l’herbe

Judo, athlétisme, foot, handball... on sait que la Seine-Saint-Denis excelle dans de nombreux sports. On connaît moins le baseball, discipline pourtant bien représentée par deux clubs en Seine-Saint-Denis : les Web’s de Noisy-le-Grand et les Tomcats de Tremblay-en-France.

JPEG - 74.5 ko

Dimanche 17 mai 2015. Jour de derby en Seine-Saint-Denis. Pour la première fois en match officiel, les Tomcats de Tremblay-en-France affrontent les Web’s de Noisy-le-Grand. Sur le stade Georges Prud’homme de Tremblay, les coups métalliques de la batte résonnent dans l’air, on se rend coup pour coup, pendant qu’à côté les enfants des joueurs batifolent dans l’herbe. De mémoire de joueur de baseball, on n’avait plus vu un tel derby depuis plus de 10 ans.

Car d’autres clubs de baseball ont bien existé en Seine-Saint-Denis, mais ils n’ont pas résisté face au poids des années : Rosny, Aulnay-sous-Bois, Noisy-le-Sec, autant de formations mortes de leur belle mort. Seul Noisy-le-Grand, club historique dans le territoire, qui existe depuis 22 ans, a su perdurer durant toutes ces années. « Dans le département, on est le plus vieux club de baseball, s’enorgueillit Patrick Bonaldi, joueur des Web’s. Mais c’est vrai qu’on se sentait un peu seuls. Grâce aux Tomcats, c’est une joie de rejouer un derby. C’est la preuve que le baseball en Ile-de-France se porte bien. »

Cette année, les Tomcats de Tremblay, fondés en 2012, sont en effet montés en régionale 2 (équivalent à la 5e division nationale), ce qui assure à nouveau des parties endiablées dans le département autour de la petite balle blanche.
Il faut dire qu’entre les Web’s et les Tomcats, on est quasiment en famille. En 2012, deux anciens membres des Web’s, Jef Labouze et Anderson Castro Cepin, ont en effet décidé de prendre leur autonomie pour créer un club plus près de chez eux : ce sera à Tremblay, sous l’emblème des Cats.

Avec Anderson Castro, le club de Tremblay annonce tout de suite la couleur : Franco-dominicain, formé à l’école de baseball à l’âge de 7 ans et ancien joueur pro chez les Mets de New York jusqu’à ce qu’il se blesse à l’épaule, le pitcher (lanceur) a biberonné au baseball. Un peu comme si Roberto Carlos avait mis le maillot de Tremblay.
« En République dominicaine, le baseball, c’est vraiment culturel, comme le foot ici. Tout le monde y joue depuis tout petit et la spécialisation commence très tôt », explique Anderson, dont la profession est ébéniste, expert dans la rénovation de monuments historiques.
Dans son sillage, Anderson Castro a attiré chez les Tomcats deux autres Dominicains et Arisbel, un Franco-cubain. « Arrivé en France, la première chose que j’ai cherchée, c’est un club de baseball », plaisante à moitié ce fan des Industriales, une équipe de La Havane. Autant dire qu’à Tremblay, il flotte un petit air de Caraïbes, où les expressions cubaines ou dominicaines fusent entre les points.

Cela dit, Noisy-le-Grand aussi a des arguments à faire valoir. Fort de 22 longues années d’existence, le club peut compter sur l’apport de joueurs expérimentés, passés par la structure dans leurs jeunes années. « Un des secrets de la longévité des Web’s, c’est qu’on a toujours pu compter sur les retours d’anciens membres, souligne ainsi Mickaël, l’un des coaches de l’équipe 1. Par exemple, des internationaux comme Franck Pertuisot ou chez les femmes, Laurence Cornaille, ont fait profiter ce club de leur expérience. Et puis, Noisy-le-Grand, c’est avant tout une histoire de potes. »

Une histoire de potes dont la passion est communicative. Stéphane et Mazir, alignés dans l’équipe des Tomcats, ne sont là que depuis deux ans, mais le jeu n’a déjà plus de secrets pour eux. « Le baseball, c’est un sport très complet, à la fois physique et tactique. Il y a beaucoup de règles à connaître. Moi, j’ai mis 5 mois avant de me sentir vraiment à l’aise », témoigne Stéphane, qui s’est laissé tenter après être tombé sur un stand des Tomcats au salon « Japan Expo », centré sur la culture nippone, elle aussi très friande de ce sport.

JPEG - 69.5 ko

Tous autant qu’ils sont, ils font part de leur plaisir à pratiquer un sport qui allie à la fois des qualités d’explosivité, d’analyse et de jeu en équipe. « C’est un sport qui demande une concentration de tous les instants. En défense, il faut être adroit et vigilant. Et en attaque, il faut avoir batté au moment une fois dans sa vie. Ca vous donne le même contentement qu’un bon drive au golf », détaille Sébastien Verger, mordu depuis l’âge de 10 ans et un article lu dans le journal de Mickey...

Pour la petite histoire, le premier derby officiel entre les Tomcats et les Web’s, très accroché et disputé sous un soleil de plomb, aura été remporté 5-4 par l’équipe hôte. De quoi conforter les Tomcats dans leur volonté de monter en régionale 1 dès cette année, même si la saison, qui s’étire jusqu’en octobre, est encore longue. « Le but, c’est de grimper rapidement encore d’un échelon pour pouvoir petit à petit former des jeunes et préparer la relève », anticipe Karl Chauveau, ancien international espoirs et actuel co-entraîneur de l’équipe 2 des Tremblay. Sur le bord du terrain, les enfants de Randy le Dominicain, qui taquinent déjà un peu la balle, feront peut-être bientôt partie de la grande aventure du baseball en Seine-Saint-Denis.

Christophe Lehousse

JPEG - 84.7 ko
Le baseball pour les nuls, expliqué par Jef Labouze, président des Tomcats de Tremblay

« Le baseball se joue avec des équipes qui alternent en défense et en attaque. L’équipe en attaque doit marquer des points, qui arrivent quand un joueur parvient à faire le tour des quatre bases, d’où le nom du sport, « baseball ». En défense, une équipe quadrille le terrain avec 9 joueurs : le but pour elle est d’éliminer trois joueurs adverses, ce qui marque pour elle la fin de la défense. Les déplacements se font après que le batteur a frappé une balle envoyée par le lanceur de l’équipe adverse. Si le batteur n’a pas réussi à renvoyer trois lancers jugés réglementaires, il est éliminé. On peut aussi éliminer un joueur en captant directement sa frappe ou en le touchant avec la balle avant qu’il n’atteigne la base. Chaque match est rythmé par des manches, où les équipes passent alternativement en attaque et en défense. Le changement entre attaque et défense se fait quand une équipe compte trois éliminés. Tout ça paraît un peu compliqué sur le papier, mais s’avère en fait très naturel une fois qu’on l’a digéré. »

- Les Tomcats de Tremblay sont actuellement 3e au classement et jouent dimanche 7 juin à domicile contre Gif-sur-Yvette

- Les Web’s de Noisy-le-Grand sont 4e au classement et jouent dimanche 7 juin à domicile contre le PUC- équipe 4.

à lire aussi

Le monde sportif de Seine-Saint-Denis dessine ses Jeux

Jeudi 23 juin, le monde sportif de Seine-Saint-Denis a fait part de ses propositions pour animer le projet olympique Paris Seine-Saint-Denis 2024. Cette concertation s’inscrit dans une série d’ateliers conduits auprès de différents publics dans le département.


Journée olympique à Marville et signature d’une convention entre Paris et la Seine-Saint-Denis

600 jeunes étaient réunis au Parc Marville à La Courneuve pour la Journée olympique jeudi 23 juin. L’occasion pour la Seine-Saint-Denis et Paris de signer une convention pour participer pleinement aux transformations et au développement de leurs territoires à l’occasion des J.O de Paris 2024.


Jimmy Vicaut, la vie à cent à l’heure

L’athlète du CA Montreuil dispute ce week-end les Championnats de France à Angers, sur 100 et 200m. Quelques semaines après avoir égalé son record d’Europe dans son jardin du stade Delbert et alors que s’annoncent des Jeux de Rio qu’il a cochés sur son agenda, Jimmy Vicaut se livre. Interview.


Odyssée Jeunes 2016, des souvenirs plein la tête !

Grande nouveauté pour cette 7ème cérémonie de clôture à l’Académie Fratellini à Saint-Denis : un concours d’éloquence entre élèves est venu remplacer le traditionnel Carnet de voyage. Chaque classe a ainsi défendu ses couleurs par équipe à travers une performance orale originale et pleine d’humour.


Mathilde Johansson, parcours de haute volée

A 31 ans, après 12 ans de carrière au plus haut niveau et 11 participations à Roland-Garros, Mathilde Johansson, licenciée au Montfermeil Tennis 93, a raccroché la raquette. Retour sur une trajectoire de championne.

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 405