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Audrey Ciofani en or aux championnats d’Europe juniors

À 19 ans la lanceuse de marteau visait le titre pour les championnats d’Europe juniors qui se déroulaient en Suède, mission accomplie ce samedi 18 juillet 2015 !

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Audrey Ciofani marche dans les pas de son lanceur de père, qui assure également son entraînement. Chez les juniors, la lanceuse de marteau du CA Montreuil 93 visait un podium aux championnats d’Europe en Suède, et c’est la plus haute marche du podium qu’elle a obtenue.

Portrait

« C’est bien, ça coince encore un peu sur la dernière rotation, mais c’est bien ». Walter Ciofani couve du regard Audrey, installée dans l’aire de lancer de l’INSEP, à Vincennes. Ces deux-là n’ont pas besoin de beaucoup en dire. Un regard, une remarque, et la plupart du temps, le défaut est corrigé au lancer suivant.

Il faut dire que du temps pour parler marteau, ils en ont à satiété. Et pour cause : ils sont père et fille. D’un côté de la cage : le père, Walter, quintuple champion de France, qui a notamment participé aux Jeux de Los Angeles 1984. De l’autre, la fille, Audrey, 4e aux derniers championnats du monde juniors et auteure le 15 mars de la meilleure performance mondiale dans sa catégorie avec 68m20.

De quoi lui donner des raisons d’espérer pour les prochains championnats d’Europe juniors, du 16 au 19 juillet en Suède, où la jeune femme dit viser « au moins un podium ». De quoi lui donner surtout des raisons pour se lever le matin, s’entraîner 5 fois par semaine entre deux cours de droit puisqu’elle veut devenir gendarme.

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Alors, est-ce le père qui a rendu la fille marteau ou celle-ci y est-elle venue toute seule ? La question fait sourire la jeune femme, visiblement déjà habituée à ce genre d’interrogations. « Les deux, en fait » glisse-t-elle. « Si je me suis mise au marteau, c’est en partie dû à lui, mais aussi parce que ça me plaisait. Quand j’avais 10-11 ans, mon père m’emmenait après l’école à l’entraînement, j’aimais bien. » Les allers-retours fréquents entre la maison et le stade de l’Athletic Club Pays de l’Ourcq, club de ses débuts, puis plus tard entre son lycée d’Aubervilliers et le club de Montreuil ne furent donc en rien un sacrifice pour elle.

Et pourquoi le marteau, discipline pas forcément des plus médiatiques en comparaison avec la course ou le saut ? Haussement d’épaules d’une jeune femme sûre de son fait. « J’aime le marteau parce que j’ai un bon feeling avec l’engin. J’aime la sensation d’aller vite et loin. C’est vraiment dommage qu’on souffre à ce point d’un manque de médiatisation. »

Le paternel, un rien en retrait, complète : « Chez les jeunes, les compétitions sont organisées comme des triathlons avec une course, un saut, un lancer. Et en marteau, dès la catégorie benjamines, Audrey explosait déjà les barèmes de cotation. Donc elle a persévéré. Ça s’est fait naturellement, parce que ça lui faisait envie. »

Drôle de famille quand même, ces Ciofani. Car après le père, la fille, ce n’est pas fini : maman a remporté les Jeux d’Afrique 1987 au lancer du disque – à l’époque, Jeanne Ngo Minyemeck concourait pour le Cameroun – et la grande sœur, Anne-Cécile, joue au rugby chez les Louves de Bobigny. Ajoutez à cela Juliette, 14 ans, elle aussi amoureuse du marteau.

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Avec toutes ces activités, c’est les Jeux olympiques à la maison tous les week-ends, chez les Ciofani. Les Jeux, justement, ce serait un rêve pour Anne-Cécile l’aînée et Audrey la cadette. Les deux soeurs nourrissent l’ambition de se qualifier en même temps pour Rio 2016, l’une en rugby à VII qui fera son entrée aux JO, l’autre au marteau.

Walter Ciofani, lui, essaie de prendre un peu de recul sur tout cela. Obligé de faire l’impasse sur les Jeux de 88 en raison d’une vilaine blessure au dos, il sait trop bien à quel point tout reste fragile dans le sport de haut niveau. « Mon rêve, c’est surtout que mes filles gardent la santé. Et je leur répète aussi que l’objectif principal, c’est d’assurer leur avenir. Faire du sport de haut niveau, c’est bien, mais il faut aussi penser à la suite. Alors, mes deux filles aux Jeux, ce serait la cerise sur le gâteau. »

Cet objectif numéro 1, la santé, est aussi ce qui a amené Walter à adapter l’entraînement de sa fille. Plutôt que de lui imposer de longues séances de musculation, il préfère lui faire lancer des marteaux plus lourds qu’en compétition où la masse est de 4 kg. A l’entraînement, la jeune femme manie ainsi des engins de 5, 6 et même 7 kg, ce qui lui assure une musculation naturelle.

En attendant les grands rendez-vous - Jeux et compagnie - tout ce petit monde n’arrête pas de s’encourager mutuellement. « Avec mes sœurs, on s’intéresse à ce que fait chacune, explique Audrey. Récemment, je suis allée voir jouer ma sœur au rugby à Bobigny. Et lors de la Coupe du monde universitaire au Brésil, l’été dernier, on était à fond derrière elle. »

Ironie du sport, la jeune athlète devra déménager à la rentrée 2015 pour s’en aller lancer un peu plus loin sur le campus de l’INSEP. L’aire de lancer sur laquelle elle s’entraîne actuellement va en effet être transformée... en terrain de rugby à VII. Attention, une Ciofani peut en cacher une autre...

Christophe Lehousse

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