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Au côté des anges-gardiens de la lutte anti-crue

Vendredi 3 juin 2016, l’ensemble des agents de la Direction de l’eau et de l’assainissement était sur le qui-vive suite aux risques d’inondations qui concernent aussi la Seine-Saint-Denis. Au central Niagara de Rosny-sous-Bois, on suivait la situation de près, sans affolement mais avec sérieux. Reportage puis informations pratiques.

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Au Central Niagara, poste de commandement principal de la direction de l’eau et de l’assainissement du Département, on scrute ces jours-ci les écrans avec encore plus de concentration que d’habitude. Sans inquiétude, mais tout de même avec une rigueur extrême. L’épisode de pluie sans précédent qui s’est abattu sur une bonne partie de la France depuis une semaine place aussi la Seine-Saint-Denis en état de vigilance accru par rapport aux inondations. Ce que la cellule de crise constituée à Rosny-sous-Bois, qui regroupe une douzaine de personnes, redoute avant tout, c’est un scénario de crue de la Seine comme il a pu avoir lieu dans d’autres départements.

Pour l’instant, les experts de l’eau du département se veulent toutefois rassurants. « La situation est sous contrôle. Jusqu’ici, nous avons reçu une vingtaine d’appels signalant des caves ou de parkings inondés. Et il ne faudrait pas que survienne une panne électrique massive qui anéantirait nos stations de pompage. Mais globalement, nous avons les choses bien en main », témoigne Olivier Browne, directeur adjoint de la Direction de l’Eau et de l’Assainissement (DEA).

En présence du président du Conseil départemental Stéphane Troussel, le responsable détaille le dispositif de lutte anti-crue.
« Pour contrer les élévations de niveau de la Seine- et dans une moindre mesure de la Marne- nous avons fermé toutes les vannes dans les sept stations anti-crue que compte le département. Cela empêche la Seine d’envahir les collecteurs du département et de remonter dans les habitations. Et on pompe vers ces fleuves les flux qui continuent à arriver », détaille Olivier Browne. Tout cela se fait de manière automatisée depuis cet outil assez sophistiqué qu’est le Central Niagara, inauguré en 2011.

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Mais la lutte contre les possibles inondations ne se déroule pas que dans ce bureau high-tech, loin s’en faut. Ce week-end, les équipes d’astreinte ont été doublées. Et la quasi-totalité des 288 éléments que compte le service, dont une bonne centaine d’agents de terrain regroupant électro-mécaniciens, égoutiers ou ingénieurs, est mobilisée ces jours-ci pour apporter leur pierre à l’édifice.
Fabrice Duval, chef égoutier, a ainsi monté ces derniers jours avec son équipe et un prestataire du département un muret anti-crue dans un égout. « En passant dans le secteur de la Rue du Port à Saint-Denis, vu la hauteur de la Seine, je me suis tout de suite douté qu’il faudrait intervenir. Et effectivement, heureusement qu’on a construit ce muret parce que sans ça, la Seine serait remontée rapidement dans le réseau d’assainissement et aurait inondé le quartier. Le tramway T1 aurait certainement été coupé. », explique ce « vieux de la vieille », à l’expérience jugée particulièrement précieuse.
Arrivé en 1981 à la DEA, ce chef égoutier sait ce que signifie une crue de la Seine. « En 1982, la crue de la Seine avait quand même été assez impressionnante. Là, on n’en est pas encore là, mais on s’en rapproche quand même », juge cette sentinelle du réseau.
C’est la raison pour laquelle Stéphanie Barone, chef du bureau supervision et contrôle hydraulique – une des rares femmes dans ce milieu plutôt masculin – demande un bulletin météo extrêmement détaillé toutes les trois heures. « Là, on est encore en crue et le pic est attendu pour la nuit prochaine. On nous annonce notamment une élévation du niveau de la Marne, d’environ 60 cm. Mais les ouvrages d’assainissement continuent à bien se comporter », résume la spécialiste.

Durant toute la visite, on sent une ambiance concentrée, où chacun des membres se sent concerné. « L’esprit de la DEA, c’est tout à fait ça. Chacun apporte son expérience et on se complète mutuellement, au service de la population. Le paradoxe, c’est qu’on ne nous remarque qu’en cas de problème », déplore discrètement Jocelyn Leroy, responsable du service de la gestion des eaux. Ce week-end encore, sachez donc que près de 300 anges-gardiens de l’eau font leur possible pour vous maintenir au sec.

Christophe Lehousse

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Aux côtés de Stéphane Troussel, Elisabeth Pochon, députée de la circonscription Rosny-sous-bois / Villemomble / Gagny a également visité NIAGARA et remercié les agents de la DEA lors de ce déplacement.


Fermeture du parc de la Haute-Ile

En raison de l’épisode climatique en cours et du niveau de l’eau qui ne cesse de monter, la décision a été prise, en début d’après-midi, de fermer le parc départemental de la Haute-Ile pour des raisons de sécurité.

Suite aux hypothèses et rapports émient par la Préfecture d’Ile-de France et la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Equipement et de l’Aménagement de l’Ile-de-France (DRIEA), le Direction de la Nature des Paysages et de la Biodiversité, en charge de la gestion des parcs départementaux de Seine-Saint-Denis, a pris la décision de fermer le parc départemental de la Haute-Ile du fait de sa proximité immédiate avec la Marne.

Afin de garantir la sécurité des animaux présents sur le parc, ils vont être évacués et placés temporairement au parc forestier de la Poudrerie.

Merci de votre compréhension.


Que faire si votre habitation est inondée ?

Les égoutiers de la Direction de l’eau et de l’assainissement du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis peuvent intervenir mais uniquement sur le réseau d’assainissement départemental (à ne pas confondre avec celui d’eau potable ou de chauffage géré par un fournisseur d’eau, notamment Véolia dans 37 communes de la Seine-Saint-Denis). Si ce n’est pas le cas, veuillez vous renseigner auprès de votre commune.

Les services d’intervention d’urgence de nos égoutiers départementaux sont joignables au 01-43-93-65-00. Mais avant d’appeler, merci de vérifier que votre habitation est bien raccordée au réseau départemental, via ce lien.

Pour tous renseignements
Département de la Seine-Saint-Denis
Direction de l’Eau et de l’Assainissement
93006 Bobigny cedex
Tél. : 01 43 93 65 00 / Fax : 01 45 28 87 62

Bon à savoir :
En cas de pluie extrême (d’une occurrence - ou période de retour - supérieure à 10 ans à savoir qui se produit statistiquement une fois tous les 10 ans) la ville peut/doit demander au préfet le classement en catastrophe naturelle. La décision est prise en Conseil des ministres et les assurances indemnisent les victimes.

Savoir plus


Zones inondables en Seine-Saint-Denis

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