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Améliorer l’insertion professionnelle, un objectif fort

Le 4 avril 2014, le Conseil général de la Seine-Saint-Denis a lancé son Pacte territorial d’insertion, en coordination avec les services de l’État et de la Région. L’objectif de ce dispositif : mieux coordonner les actions des différents acteurs de l’insertion et ajuster les parcours des personnes sur le chemin du retour à l’emploi avec les besoins de recrutement.

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Dans la lutte pour l’emploi engagée par le Département, le volet de l’insertion n’est pas le moindre des combats. Réinsérer par le biais de l’activité économique et ramener vers l’emploi des chômeurs de longue, parfois de très longue durée, est en effet primordial.

Avec 93 700 foyers bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA), allocation destinée aux personnes sans revenu d’activité ou parvenues en fin de droits de chômage, le Conseil général de la Seine-Saint-Denis en a pris la mesure depuis longtemps. Voilà pourquoi il soutient actuellement 282 structures d’insertion sur son territoire et finance également 2 400 places de formation.

Dans de nombreux cas de figure, ces possibilités de raccrochage à l’emploi sont souvent décisives. Marie-Denise ou Carinne (voir leurs portraits) peuvent par exemple en témoigner : alors qu’elles se trouvaient à un moment donné de leur parcours éloignées de l’emploi, l’insertion par l’activité économique a fonctionné pour elles comme un tremplin, leur redonnant confiance et espoir.

Néanmoins, beaucoup d’efforts restent encore à faire dans le domaine de l’insertion professionnelle pour mieux fédérer les initiatives des acteurs du domaine (entreprises, branches professionnelles, organismes de formation, structures d’insertion par l’activité économique - SIAE, État, Région et projets de ville).
C’est justement l’objet du prochain PTI (Pacte territorial d’insertion), qui a été lancé vendredi 4 avril et qui doit déboucher en décembre 2014 sur une signature avec les partenaires institutionnels.

L’une des idées phares de ce pacte est notamment de renforcer l’idée de parcours d’insertion et de formation, et de l’ajuster aux besoins des employeurs. Car une formation acquise dans un domaine où il n’existe pas d’offres d’emploi sert en définitive à peu de choses.

Dans toutes les étapes de son processus de retour à l’emploi – pré-entretien, entretien, formation, salariat en insertion, puis sortie de la structure – la personne en insertion doit ainsi pouvoir être accompagnée et orientée avec le plus de pertinence possible.

Comme le rappelle en effet Stéphane Troussel, président du Conseil général, « le marché de l’emploi, ce n’est pas d’abord une question d’offre et de demande, mais de personnes qui doivent être orientées et accompagnées, de portes qu’il faut ouvrir et de barrières à lever. »

Pour le public concerné, les freins à l’emploi peuvent en effet être multiples : confiance fragilisée à la suite d’une longue période de chômage, difficultés linguistiques, problèmes de logement, possibles handicaps.

De manière à renforcer la collaboration des acteurs de l’insertion, des conférences territorialisées d’insertion (CTI) verront le jour à partir du mois de juin. Dans ces rencontres, les partenaires institutionnels auront pour mission de répondre aux attentes des acteurs de terrain (entreprises, organismes de formation, SIAE) et de les aider à mieux mettre en musique la réforme nationale du secteur, lancée en 2013.
« L’une des logiques de cette réforme, c’est notamment de simplifier les demandes de financement et d’aboutir à un travail plus fluide entre les structures », ponctue ainsi Emmanuelle Wargon, déléguée générale à l’insertion et à la formation professionnelle du gouvernement.

Côté acteurs de terrain, on accueille en général ce pacte avec reconnaissance. Même si on attend de le juger sur pièces. « Si le PTI peut fluidifier les relations entre les différents intervenants dans le domaine, ce serait parfait. S’il ne doit servir qu’à masquer une réduction de financement, ce sera plus problématique », juge par exemple Rémy Beauvisage, délégué territorial d’Inser’eco 93, un réseau qui répertorie sur son site 60 structures d’insertion départementales.

Le 4 avril, le vice-président du Conseil général Jean-François Baillon se chargeait aussitôt de la rassurer : « Les enveloppes du Département en matière d’insertion ne baisseront pas, l’insertion est un engagement fort du Conseil général. »

Des Trophées de l’insertion pour dynamiser les initiatives
Récompenser l’innovation dans les initiatives pour les personnes éloignées de l’emploi : voilà le but des nouveaux Trophées de l’insertion que s’apprête à lancer le Conseil général. Les entreprises ou associations d’insertion travaillant en binômes pourront ainsi déposer un dossier pour tenter de remporter cette distinction, qui sera pour la première fois décernée en avril 2015.
Il faudra pour cela que leur projet - si possible innovant - permette à des personnes très éloignées de l’emploi d’accéder à une formation qualifiante et à un emploi durable. L’initiative devra également s’inscrire dans le cadre local ou départemental et favoriser un enrichissement mutuel des pratiques.
Le jury décernant ces prix sera composé d’un élu du Conseil général, de chefs d’entreprise, de membres de réseaux associatifs et de représentants de Pôle Emploi ou de la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi).

L’insertion en Seine-Saint-Denis en chiffres :

- 93 700 foyers bénéficiaires du RSA (au 31 décembre 2013)

- 33 613 jeunes suivis par les missions locales en 2012

- 2 400 places de formation financées par le Conseil général en 2013, soit 4,3 millions d’euros investis dans par le Département dans la formation
dont la moitié en actions pré-qualifiantes ou qualifiantes (CAP petite enfance, plomberie, auxiliaire médico-psychologue, cuisinier...)
et l’autre moitié en formations générales (linguistiques, remise à niveau...)

- 282 structures d’insertion soutenues par le département (58 structures d’insertion par l’activité économique, 95 organismes d’insertion professionnelle et de formation, 129 structures pour l’insertion sociale et celle des jeunes)

Dossier réalisé par Christophe Lehousse

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