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Alna Burato, capitaine de route

Championne de France et vice championne du monde de cyclo-cross master, régulièrement appelée en équipe de France, Alna Burato partagera cette année son expérience de trentenaire avec les toutes jeunes recrues d’Auber 93. Les gamines ont intérêt à s’accrocher !

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Alna Burato raconte son cyclisme avec un mélange d’humour, de détachement et de détermination. À l’entendre et à voir son sourire, rien ne semble grave ni ne résiste à un éclat de rire. Mais son regard franc, lui, déclare que ce qu’elle décide, elle mettra tout en œuvre pour le réussir. Il est vrai que la capitaine de route d’Auber 93 n’a pas toujours eu la vie facile.

Alors qu’elle commence sa carrière avec un titre de Championne de France espoir de contre la montre en 2005, une hyperthyroïdie la stoppe net en 2007 pendant plus d’un an. Perte de poids, épuisement… plus question de vélo. « Au bout d’un moment, je suis remontée en selle, juste pour moi. » Mais lorsqu’on a connu les kilomètres en peloton, rouler seule n’est pas passionnant. Alna s’inscrit alors sur des courses régionales, puis tente une épreuve de Coupe de France. « Alors qu’au moment de mon arrêt je rentrais des championnats d’Europe, je me prenais désormais un tour… ça fait un choc ! »

Alors que certains auraient stoppé là leur carrière, Alna elle ne se démonte pas et augmente l’entraînement. « À force de travail, ça a fini par payer. » Serait-elle un peu teigneuse ? « On dit que j’ai mauvais caractère… En fait j’ai du caractère, c’est tout, peut-être un peu trop parfois ! »

Une chose est sûre, le travail ne lui fait pas peur. Au moment où elle remonte en selle, Alna Burato travaille dans une maison d’édition parisienne et habite Lagny. « Je terminais à 19h, le temps de rentrer j’allais m’entraîner à 21h00, deux heures minimum. Puis douche et repas, couchée à minuit et réveil à 6h. Peu de sommeil, j’ai fini à l’hôpital ! » dit-elle en riant « Juste un petit malaise vagal... »
On ne peut pas dire qu’Alna s’écoute beaucoup. Tant que ça marche, elle fonce. « En fait, tout va bien jusqu’à ce que je tombe ! Ça m’est déjà arrivé deux fois, j’attends la prochaine ! »

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À force de ténacité, Alna regagne sa place en équipe de France. Elle y côtoie Mélodie Lesueur et Élodie Hegoburu qui l’invitent à les rejoindre à Aubervilliers en 2013. « BigMat Auber avait une réputation de sérieux. Il y avait du niveau dans cette équipe, on n’y rentrait pas sans résultats. La première année j’étais complètement au service de l’équipe et surtout d’Élodie Hegoburu qui a gagné la Coupe de France. »

Cette année Alna Burato va changer de rôle. L’équipe s’est considérablement rajeunie avec l’arrivée de six juniors. Alna va partager son expérience du haut niveau. « Ça ne me dérange pas de donner des conseils. Elles auront d’ailleurs intérêt à les suivre, parce que passer de cadette aux épreuves de Coupe de France, ça va leur mettre une claque ! » Alors qu’elles étaient habituées à parcourir 40 km en cadettes, cette année elles s’élanceront pour 80 ou 120 km…

Cette saison sera particulière pour Alna, habituée à être sélectionnée en équipe de France et qui ne pourra pas trop en demander à ses coéquipières encore en formation.
« L’an dernier déjà j’ai fait des résultats toute seule, cette année ce sera pareil. Je devrai être opportuniste et essayer de prendre les bons coups qui partent. Désormais mon travail me prend beaucoup de temps, je pourrai moins m’entraîner et j’aurai certainement un niveau inférieur. Donc ce n’est pas mal d’avoir ce rôle formateur. »

Après des années à travailler comme mécanicienne chez Décathlon ou chez un marchand de cycles, Alna a pu utiliser son master en lettres modernes et est devenue documentaliste scolaire. Mais comme rien n’est jamais simple, elle exerce dans deux établissements, un collège et un lycée, tous deux à 80 kilomètres de son domicile d’Ay près d’Épernay. Elle aimerait préparer la titularisation, mais elle n’a pas assez de temps. « Le travail avec les élèves me plaît. Ils ne savent pas que je fais du vélo, sauf deux lycéens qui m’ont pris comme cobaye pour leurs travaux pratiques. Je leur ai donné mes tests à l’effort et ils ont décrypté mes courbes. Après ils venaient me chambrer en me montrant mes baisses de forme, sympa ! »

Cette année encore, Alna veut briller dans les épreuves qu’elle apprécie. « J’aime les courses "chantier", où les conditions climatiques sont difficiles, où tout explose, où il y en a partout, un peu comme Cholet-Pays de Loire (ndlr : première épreuve de la Coupe de France féminine). Les courses réglées avec une arrivée au sprint, ce n’est pas mon truc. Et les étapes avec des cols et des cols ce n’est pas la peine non plus : je recule ! » Après une année 2014 épuisante, elle a tout de même décidé de prendre des vacances cet été. « Au moins une semaine ! Et le reste de l’été, des courses que j’aime bien comme la Semaine cantalienne. On ne court que le soir et en général il y a des apéros ! » Et de conclure en riant : « Allez, c’est décidé ! Maintenant je choisis mes courses, seulement celles où il y a du vin : Sauternes, Mérignac… »
Georges Makowski

Alna Burato, reine de la boue

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Belle saison de cyclo-cross pour Alna Burato ! Chez les masters (plus de trente ans) la cycliste d’Auber 93 a remporté le titre national et est devenue vice-championne du monde.

Le 30 novembre au Mans, Alna Burato est devenue championne de France de cyclo-cross dans la catégorie master (30 ans et plus), non sans difficultés. Elle raconte que « le circuit était très technique, très tournant. Il ne m’avantageait pas, moi qui suis plus une rouleuse qu’une acrobate sur un vélo. J’ai pris un bon rythme dès le début, je suis partie devant. Mais c’était très serré, la deuxième termine à 5 secondes seulement et la troisième à 12 ! » Le 4 janvier, Alna était en Suisse à Gossau pour les championnats du monde master. « Sans doute le parcours le plus physique sur lequel j’ai roulé en cyclo-cross. De la boue, de la neige, du froid. Un vrai circuit de championnat du monde ! J’étais fatiguée, pas bien. Mais je me suis battue, vraiment, et j’ai terminé deuxième. »

Pourtant, Alna pensait en septembre faire l’impasse sur la saison de cyclo-cross. « J’étais vraiment épuisée après la saison sur la route. J’avais des maux de ventre terribles au point d’être hospitalisée deux jours et de me voir prescrire quinze jours d’arrêt de travail. J’étais vraiment cuite. » Mais on sait désormais qu’un passage à l’hôpital ne suffit pas à la freiner… « Au mieux, je ne pensais participer qu’à des épreuves régionales, pour garder la forme. Mais on m’a dit que j’avais tout juste l’âge requis pour participer aux épreuves master, alors… Ça m’a plutôt bien réussi ! »

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