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Adjmal Allymun, les ailes de la ténacité

Après bien des efforts et des désillusions, le jeune Pierrefittois Adjmal Allymun est parvenu à devenir pilote et même à remporter le prestigieux Hop Tour des Jeunes Pilotes. Portrait.

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Depuis tout petit, Adjmal a les yeux levés vers le ciel. « Les avions, l’espace, les planeurs… Tout ce qui vole m’intéresse. » Sa famille le soutient et encourage ses rêves. Adolescent, Adjmal passe des heures devant Flight simulator. Mais il ne joue pas, il apprend. Aussi, lorsque pour ses quatorze ans son frère lui offre un baptême de pilotage, l’instructeur est surpris du niveau du postulant pilote : Adjmal a déjà beaucoup d’heures de vol… dans son salon !

« Dans mon lycée, Paul-Eluard à Saint-Denis, un professeur faisait passer le Brevet d’initiation aéronautique (BIA), une chance ! » Le BIA comporte une initiation théorique dans un établissement scolaire et une initiation pratique en aéro-club. Petit à petit, Adjmal s’approche de son rêve…

Mais au moment de postuler à l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile, catastrophe : la vue d’Adjmal ne lui permet pas de devenir pilote de ligne. Le jeune homme en a un moment les ailes brisées : « C’était très difficile à entendre, des années de rêve et de travail pour rien… Mais je me suis remis en route. J’ai choisi de devenir ingénieur aéronautique pour rester en contact avec l’aviation et de continuer à me former pour obtenir la licence de pilote privé. Je pourrais ainsi tout de même voler, tout en espérant que les critères de vue minimum évoluent un jour en ma faveur… »

Pour financer ses études et ses cours de pilotage, Adjmal n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis. Il monte une entreprise et avec son frère répare des autos, le soir après les cours et les week-ends. Motivés… Et ça marche puisqu’Adjmal décroche son diplôme, est embauché dans la foulée chez Sagem et obtient sa licence de pilote privé en cinq mois alors qu’il faut en moyenne un an.

Adjmal entend alors parler du Hop Tour des Jeunes Pilotes (HTJP). « C’est une opération organisée depuis 1953 par la fédération française aéronautique pour promouvoir la discipline. Une quarantaine de pilotes de moins de 25 ans sont sélectionnés pour un tour de France de l’aviation, du 18 juillet au 3 août. » Au programme, pilotage de précision, questionnaires, rédaction de plans de vol, reconnaissances de vue aériennes… Tout sauf de l’improvisation ! Adjmal passe avec succès les épreuves de sélection, mais n’a qu’un mois pour boucler son budget ! Pas une mince affaire, la location d’un Cessna pendant deux semaines, ça a un prix… Mais là encore, le sens de la débrouille, l’entraide entre pilotes et la solidarité familiale jouent à plein. Le frère d’Adjmal parvient à convaincre son employeur, lui-même pilote, de l’aider. Adjmal peut alors rejoindre Toulouse, première étape du tour, seul aux commandes de son Cessna. « C’était la première fois que je volais aussi longtemps. D’ordinaire, je partais pour une à deux heures, un rapide survol des côtes… Mais là, quatre heures et demie de vol ! Et le passage au-dessus du Massif central, en basse altitude pour éviter le vent de face… Magique ! »

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Au cours du HTJP, les jeunes pilotes multiplient les rencontres avec leurs aînés lors d’escales prestigieuses comme la base aérienne militaire de Mont de Marsan, celle de Landivisiau… « A Mont de Marsan, juste après moi, deux Rafales attendaient pour prendre la piste… Impressionnant ! » Pas de barrières entre pilotes de chasse et débutants, mais une même passion. D’ailleurs de nombreux as de l’armée de l’air ont eux aussi participé en leur temps au tour des jeunes pilotes, une véritable référence.

« Ce tour était une très belle expérience, s’écrie Adjmal. Quinze jours complètement consacrés au vol, un rêve ! Mais attention, c’était loin d’être des vacances. Entre les rencontres avec le public, les visites des bases aériennes, les briefings, la préparation des vols et les vols eux-mêmes, nous n’avons pas chômé. » Le jeune Pierrefittois a fait le plein d’images : « Le survol au-dessus des plages du débarquement, des tranchées de Verdun… mais le plus fort reste l’arrivée au Bourget. Cet aéroport est mythique dans le monde de l’aviation et les avions comme le mien n’y atterrissent pas d’ordinaire. En plus, comme il y avait du trafic, la tour de contrôle m’a demandé de faire une boucle pour patienter. J’ai pu survoler la Seine-Saint-Denis, ce qu’on ne fait jamais, je suis même passé au-dessus de chez moi ! »

Adjmal a abordé ce Tour comme tout ce qu’il entreprend, avec sérieux, travail et méthode, et bien évidemment il s’est classé premier… « J’ai gagné beaucoup de cadeaux : entre autres le blouson de l’équipe de voltige de l’armée de l’air, un stage d’une semaine de voltige, un brevet théorique de pilote de ligne à l’Institut Mermoz, et une participation pour le rallye Toulouse Saint-Louis du Sénégal, sur la route historique de l’Aéropostale. » Adjmal compte se lancer l’an prochain sur les traces de Mermoz, Guillaumet et Saint-Exupéry, lorsqu’il aura à nouveau des congés. Autre bonne nouvelle, les conditions d’admission à la formation de pilote de ligne ont changé et ne sont plus un obstacle. Adjmal s’est donc déjà inscrit. « Une partie de la formation est théorique et je pourrai la faire à domicile. Il restera le stage pratique, et logiquement dans deux ans, je serai pilote de ligne. » Simple, non ?
Georges Makowski

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