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A Ronsard, on connaît la musique

Au collège Ronsard de Tremblay-en-France, la musique tient une place de choix : depuis 7 ans, la chorale profs-élèves rythme l’année scolaire et un dispositif propose par ailleurs à des élèves qui n’ont jamais fait de musique de se faire prêter un instrument pour trois ans.

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Dans la chanson de Rihanna, il pleut, mais sur le visage de Léa, il fait grand beau. Cette élève de 4e fait partie de la quarantaine de membres de la chorale du collège Ronsard, mise en place il y a sept ans maintenant par le professeur de musique Sylvain Besnier. Un ensemble qui se distingue par la qualité de ses prestations polyphoniques – ils se produisent tous les ans en fin d’année scolaire à l’Odéon de Tremblay – et aussi par le fait qu’elle mêle profs et élèves.

« Ca faisait drôle l’année dernière de chanter avec des profs, mais là je me suis habituée, c’est sympa, ça met une bonne ambiance entre nous », témoigne Mélina, autre chanteuse de 5e. Le répertoire choisi pour cette année, elle approuve aussi : il sera question du « temps qui passe, du temps qu’il fait ». Pour le concert de fin d’année, prévu le 12 juin, Mélina, Léa et les autres prêteront donc leur voix à Paolo Conte (Azzurro), Serge Gainsbourg (La chanson de Prévert) et Michel Fugain (Je n’aurai pas le temps). Un thème un peu plus mélancolique que celui de l’année dernière - les prénoms - ou celui de 2013 - les voyages.

Tous les lundis, la petite troupe se retrouve à la pause de midi pour rire, partager, mais aussi beaucoup travailler sous la férule de Sylvain Besnier, qui met tout cela en musique. Avec patience et implication, ce passionné de musique et de chant polyphonique a construit une chorale qui participe grandement à l’identité de l’établissement. Preuve du sérieux de la chose : tous les ans, une affiche, concoctée en partenariat avec un collègue d’arts plastiques, M. Gauchet, annonce le concert de fin d’année.

« Pour recruter des élèves en début d’année, ce n’est pas toujours gagné, admet-il, guitare à la main. Le chant choral n’a pas forcément une bonne réputation auprès des ados et ils sont aussi un peu ancrés dans des musiques style rap ou r’n’b. Mais en général, quand ils voient le rendu des autres années sur vidéo, ils sont conquis ».

Ce prof de musique se dit aussi satisfait des bonnes conditions régnant dans l’établissement nouvellement reconstruit à la rentrée 2014-2015. « Avec le collège entièrement reconstruit, on a été très gâtés côté éducation musicale. Pour le cours, nous avons obtenu un tableau numérique et j’ai pu investir dans une guitare électrique, un ampli, des percussions. Tout cela fait qu’on vient ici avec le sourire. »

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La musique, c’est du reste un peu la vitrine de cet établissement qui fête aussi cette année les 10 ans d’un autre dispositif original, mis sur pied avec la collaboration de la ville de Tremblay : « Orchestre au collège ». Le principe est simple : de la 6e à la 4e, les élèves souhaitant démarrer un instrument se le font prêter par le Conservatoire de musique de Tremblay, avec possibilité de prolonger ce prêt en 3e. L’objectif poursuivi est d’apprendre à jouer en orchestre, à raison de 2 heures de pratique instrumentale par semaine assurées par des professeurs de musique du Conservatoire se déplaçant au collège.

« L’orchestre au collège vise à démocratiser la pratique d’un instrument, mais sans se départir de critères qualitatifs, explique Pierre-Christophe Brilloit, directeur du Conservatoire de Tremblay. On tient en effet à ce que l’apprentissage de l’instrument soit d’un niveau convaincant et que cela leur permette de poursuivre s’ils le souhaitent. De la même manière, pour les représentations à l’Odéon, on leur met à disposition les mêmes techniciens son et lumière que pour les grands concerts. »

Ce lundi, entre deux répétitions de « London Bridge », un morceau de blues, Francis Aubier, le chef d’orchestre de la structure et prof au Conservatoire, vient justement d’annoncer une première date de concert aux élèves participant au dispositif. Certains d’entre eux ouvrent des yeux comme des soucoupes, partagés entre perplexité et excitation. Chaima, en 6e, retient avant tout la chance d’avoir pu découvrir le son de la clarinette : « C’est bien qu’ils nous prêtent un instrument parce qu’on peut l’emmener chez nous et aussi le montrer à la famille. Moi, la clarinette, je n’y connaissais rien avant, même si j’adorais déjà la musique. Maintenant, je sais la monter, je connais les notes et j’ai appris à en jouer ».

A l’image de Demos, un projet piloté par la Cité de la musique de La Villette et financé en partie par le Conseil général de la Seine-Saint-Denis fait pour populariser la musique classique, cet ensemble vise à ouvrir la pratique instrumentale au plus grand nombre. « Le but c’est de leur donner une petite flamme, un goût pour quelque chose qu’ils n’auraient pas fait comme ça, d’eux mêmes », explique Francis Aubier, qui dirige cette structure avec la même gourmandise que ses activités au Conservatoire.

Et là encore, tout finira en chansons. Le 19 juin, une semaine après la prestation de la chorale profs-élèves, l’Odéon de Tremblay accueillera à leur tour les ensembles d’« Orchestre au collège ». A Ronsard, la musique, c’est décidément tout un art de vivre.

Christophe Lehousse

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Dates des concerts de fin d’année, à l’Odéon de Tremblay

- le 12 juin, pour la chorale pros-élèves. Thème : « le temps qui passe, le temps qu’il fait », accompagné d’un concert de slam

- le 19 juin, concerts du dispositif « Orchestre au collège »

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