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À Aulnay, l’effet pavillon

Alors que certains se l’imaginent hérissée de tours et de barres, la Seine-Saint-Denis est aussi riche en habitat pavillonnaire : c’est notamment ce qu’ont pu découvrir les participants au jeu de piste « De Visu » organisé à Aulnay-sous-Bois, un jeu qui se poursuit tout l’été.

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En ce dimanche matin, face à la gare d’Aulnay-sous-Bois, Mathilde Christnacht et Médérie Boquet, membres du Comité de tourisme 93, énoncent les règles du jeu de piste qui va mener le petit groupe sur les traces des riches Parisiens de la fin du XIXe, venus se faire construire un pavillon à Aulnay-sous-Bois.

L’idée de De Visu, organisé par le Conseil général en partenariat avec le Comité départemental de tourisme, est simple : faire découvrir à ses participants la diversité du patrimoine de la Seine-Saint-Denis. Et peut-être aussi aller au-delà de certains clichés.

« Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas que des tours et des barres en Seine-Saint-Denis : 26 % des Séquano-dionysiens habitent dans du pavillonnaire », se charge ainsi de rappeler Mathilde Christnacht avant que la petite troupe s’élance.

Et effectivement, ce ne sont pas franchement des barres qui attendent ce jour-là la visite d’Anne, Danielle, Catherine, Véronique ou encore Mathieu.
Construit à l’image de certaines stations balnéaires à partir de l’arrivée du train en 1875, le quartier a de faux airs de ville de villégiature normande. Ici on découvre une élégante maison aux allures de manoir, là le « château Chansonia », édifié pour un célèbre directeur de spectacles parisiens et désormais intégré à un commissariat de police.

Le XIXe, puis le XXe siècle défilent lentement, au hasard des rues : on fait connaissance avec l’abbé Dumont, notable d’Aulnay dont la villa édifiée en 1886 abrite aujourd’hui la bibliothèque municipale. Anne et Danielle, venues toutes deux des Hauts-de-Seine, s’émerveillent ensuite devant les élégantes maisons en meulière datant des années 20.

Les noms des architectes des lieux, stars de l’époque, Delafont, Victor Amann, Alexandre Bruno, nous deviennent familiers et on finit par les égrener comme ceux de vieilles connaissances.

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Ayant grandi à Aulnay où il possède une agence immobilière, Alain Zermati, qui effectue aussi la visite, complète le carnet de route par certains commentaires.
« A Aulnay-sous-Bois, l’habitat pavillonnaire atteint même 85 %. Ca fait comme une petite ville de province ou du bord de mer ».
Le groupe a certes les yeux plongés dans sa feuille de route, mais écoute attentivement. Car l’esprit de De Visu est plus proche d’une université du temps libre que de Pékin Express : le résultat compte nettement moins que le temps passé à évoquer la mémoire des lieux.

Un peu plus loin, alors que le groupe débat vertement de la couleur d’une céramique sur une façade - objet d’une question - le propriétaire de la maison sort, étonné et honoré. « Je vous laisse juge de la couleur, mais je suis content que l’on s’intéresse à ma maison », explique Laurent Goursaud, qui habite cette belle demeure des années 30 depuis maintenant 3 ans.
De villa en pavillon, la visite continue ensuite le long de l’avenue du canal qui reliait le lotissement au canal de l’Ourcq. Au passage, le pavillon Bengali brille de mille feux et ses touches de couleur vives projettent un temps le visiteur dans un conte à la Hansel et Gretel. « C’est original, mais c’est pas mon truc », commente Mathieu Zermati, pas convaincu par le kitsch des lieux.
L’escapade se termine dans les locaux de l’office de tourisme d’Aulnay, après un passage par les allées du marché, qui met en appétit. Désormais, on n’hésite plus à échanger ses impressions.

Pour Anne, Catherine ou encore Véronique, il est désormais temps de rassembler les réponses des 12 énigmes du jeu, pour un ultime défi. La réponse sera concluante, et chacun s’en repartira avec son lot de cadeaux. Satisfait d’avoir enfin rencontré la Seine-Saint-Denis... de visu.

Christophe Lehousse

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