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12e Rencontre de l’Observatoire des violences envers les femmes

Programme dense lors de la 12e rencontre de l’Observatoire des violences envers les femmes, vendredi 7 mars 2014 à la Bourse départementale du travail à Bobigny.

Le matin a eu lieu la restitution d’une étude inédite réalisée auprès des maternités de Seine-Saint-Denis puis la signature d’une convention avec l’association FIT « Une femme, un toit » pour proposer des solutions d’hébergement aux jeunes majeures en danger et renforcer le dispositif contre les mariages forcés. L’après-midi portait sur la prostitution et le parcours des femmes pour en sortir, avec la présentation d’une pièce de théâtre pleine d’espoir « Au bout de la nuit … » accompagnée d’apports théoriques et de témoignages de professionnel-le-s.

 Une étude fait le point sur les violences faites aux femmes

Une étude menée en Seine-Saint-Denis auprès de femmes enceintes, sur les violences subies au cours de leur vie, a été présentée le matin du vendredi 7, lors de la 12e Rencontre de l’Observatoire des violences envers les femmes.

244 femmes sur 663 interrogées déclarent avoir subi au moins une fois dans leur vie une forme de violence, qu’elle soit verbale, physique, sexuelle ou économique. C’est l’un des chiffres qui ressort de l’étude menée récemment par Mathilde Delespine, sage-femme à Montreuil et le réseau NEF (Naître dans l’Est francilien) en Seine-Saint-Denis.

6 maternités ont participé

Entre juin 2013 et février 2014, 6 maternités sur les 11 que compte le département ont en effet proposé à leurs patientes un questionnaire anonyme, portant sur tous les types de violences qu’elles pouvaient avoir subies au cours de leur vie, et pas seulement auprès de leur conjoint. Pourquoi auprès des femmes enceintes ? Parce que c’est justement l’un des meilleurs moments pour repérer les violences, ce qui est justement l’un des nœuds du problème, comme l’explique Mathilde Delespine, chargée du projet. « Si les statistiques de la police sont faibles, c’est parce que les femmes concernées ne franchissent pas la porte du commissariat. De la même manière que quand on demande à des professionnels non formés au repérage de ces violences, on a des statistiques faibles parce qu’en réalité ils ne les voient pas ». Autrement dit : quand on ne cherche pas, on ne peut pas non plus trouver.
Tout le contraire de l’action du réseau NEF, qui, après avoir formé et sensibilisé 201 professionnels au problème des violences, a donc accouché d’une étude qui donne enfin une photographie fiable de la situation.

Poursuivre l’action

Sur les 663 femmes ayant répondu, 32 % disent avoir subi des violences verbales, 22 % des violences physiques, 11 % des violences sexuelles et 9,2 % des excisions. Si ces chiffres attestent de situations parfois très problématiques, ils doivent surtout inciter les structures publiques et les associations à poursuivre leur action et à travailler main dans la main. « Ces résultats ne doivent pas nous démoraliser, ils doivent plutôt nous encourager à mettre en action des politiques publiques, à former de plus en plus de professionnels », clame Mathilde Delespine.

Point positif : les professionnels de santé formés - sages-femmes, infirmiers - affirmaient après l’étude être beaucoup plus à l’aise dans le repérage de possibles violences et se sentaient nettement moins démunis une fois ce genre de problèmes détectés.

Christophe Lehousse

Le matin a eu lieu la restitution d’une étude inédite réalisée auprès des maternités de Seine-Saint-Denis puis la signature d’une convention avec l’association FIT « Une femme, un toit » pour proposer des solutions d’hébergement aux jeunes majeures en danger et renforcer le dispositif contre les mariages forcés. L’après-midi portait sur la prostitution et le parcours des femmes pour en sortir, avec la présentation d’une pièce de théâtre pleine d’espoir « Au bout de la nuit … » accompagnée d’apports théoriques et de témoignages de professionnel-le-s.

 Une nouvelle convention contre les mariages forcés

L’Observatoire départemental des violences envers les femmes et le Conseil général ont également, lors de cette 12ème rencontre, renforcé leur dispositif contre les mariages forcés par une nouvelle convention, signée avec l’association FIT « Une femme, un toit » qui doit offrir des solutions d’hébergement aux jeunes majeures en danger.

En France, on estime que 70.000 femmes sont en danger de mariage forcé. Et la Seine-Saint-Denis ne se soustrait pas à la règle. Après avoir déjà mis en place dès 2006 un protocole de lutte contre ce phénomène, le département du 93 et l’Observatoire ont donc décidé de renforcer leur arsenal en la matière.

Alors qu’en novembre 2013, une convention avait déjà été passée avec le CROUS (centre régional des œuvres universitaires et scolaires), un autre accord a été signé vendredi avec l’association FIT « Une femme, un toit ». L’enjeu : « offrir des solutions d’hébergement à des jeunes femmes en danger de mariage forcé alors qu’elles sont déjà éloignées de l’université et de l’emploi, et donc en situation particulièrement vulnérable », comme l’explique Ernestine Ronai, responsable de l’Observatoire des violences envers les femmes.

Dorénavant, la structure d’accueil du FIT logera donc aussi des jeunes femmes de Seine-Saint-Denis. « Le principe est de les accueillir aussi longtemps que nécessaire pour leur permettre de s’insérer ou se réinsérer professionnellement  », détaille Marie Cervetti, directrice de l’association, qui peut héberger jusqu’à 60 femmes, aux prises avec tous types de violence. « Nous connaissons bien la problématique des mariages forcés puisque 25 % des jeunes femmes que nous avons accueillies en 2013 étaient confrontées à ce danger-là, le plus souvent des femmes d’origine subsaharienne ou du Maghreb ».

Sur le plan juridique, l’Observatoire n’est pas non plus resté les bras croisés : vendredi, Ernestine Ronai se félicitait aussi de ce qu’un nouveau système avait été mis en place, « où le procureur pourra désormais demander au juge pour enfants qu’il prononce une interdiction de sortie du territoire, pour éviter que les mineures en danger ne soient mariées dans leur pays d’origine ».

Christophe Lehousse

N.B. A l’occasion du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, « 14 millions de cris », un court-métrage sur le mariage forcé de la réalisatrice Lisa Azuelos (Comme t’y es belle, LOL) a été diffusé sur le Web. On estime à environ 14 millions le nombre de mariage forcés par an dans le monde, impliquant des filles mineures.

Les associations spécialisées dans la lutte contre les mariages forcés :
SOS mariage forcé
01 30 31 05 05
Voix de Femmes
01 30 31 55 76
GAMS
01 43 48 10 87
Voix d’elles rebelles
01 48 22 93 29
Eller
01 55 06 11 75

 Plus vieux métier du monde, nouvel espoir ?

L’après-midi de cette Journée professionnelle portait sur la prostitution et le parcours des femmes pour en sortir, avec la présentation d’une pièce de théâtre pleine d’espoir « Au bout de la nuit … » accompagnée d’apports théoriques et de témoignages de professionnel-le-s.

Plus vieux métier du monde, nouvel espoir ? A l’heure où un texte de loi pénalisant les clients de prostituées est en discussion au Sénat, le Département via son Observatoire organisait l’après-midi la rencontre sur le thème « La prostitution, une violence faite aux femmes ».

Seule sur la scène de l’auditorium, Annette Lowcay joue Au bout de la nuit…, l’adaptation théâtrale de la biographie de Nicole Castioni. La lente descente d’une jeune fille toute simple dans l’enfer de la drogue et de la prostitution. Mais aussi, une rage de vivre et la rédemption vers une renaissance.

Une pièce d’actualité, car question prostitution, la donne est en train de changer. En choisissant de pénaliser le client, les députés ont reconnu aux prostituées le statut de victime. Une victime que les pouvoirs publics doivent secourir, au même titre que n’importe quelle autre femme victime de violence sexiste.

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« La prostitution est une violence » déclare à la tribune Marie-France Casalis, membre du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes et porte-parole de l’association CFCV. « Elle est reconnue comme telle. Et, comme toutes les autres manifestations de la violence masculine à l’encontre des femmes, ses auteurs mettent en œuvre la même stratégie qu’un conjoint violent, qu’un violeur de parking, qu’un harceleur sexuel… » Une méthode en cinq points, redoutable d’efficacité. Tout d’abord isoler sa victime, géographiquement, familialement, socialement, la priver d’une aide possible.

Puis la dévaloriser, l’humilier, la traiter comme un objet. L’agresseur inverse ensuite la culpabilité, ne se reconnaît aucune responsabilité dans la survenue de la violence. Mais il instaure un climat d’insécurité, fait régner la terreur. Enfin, il assure son impunité en recrutant des alliés, en se garantissant du silence de la victime.

« La nouvelle loi reconnaît également la nécessité de la mise en place d’un parcours d’aide aux personnes voulant sortir de la prostitution » explique Patricia Léger, directrice de l’amicale du Nid de Seine-Saint-Denis. Soutenue par le Conseil général, Le Nid accompagne depuis de nombreuses années les prostituées sur le long chemin qui les éloigne du trottoir.

Gilles Garnier, conseiller général délégué chargé de l’Observatoire départemental des violences envers les femmes, conclut rappelant la détermination du Département et l’ensemble des membres du réseau de l’Observatoire à rendre visibles ces femmes que l’on ne voit plus, que l’on n’entend plus.

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Le point sur la loi

Les députés français ont adopté, mercredi 4 décembre, par une majorité de 268 voix contre 138 avec 79 abstentions une proposition de loi visant à pénaliser l’achat d’actes sexuels d’une contravention de cinquième classe de 1 500 euros et d’une amende de 3 750 euros en cas de récidive.

En complément ou en substitution de cette amende, un stage de sensibilisation aux conditions d’exercice de la prostitution « sur le modèle des stages de sensibilisation à la sécurité routière ou aux dangers de l’usage des produits stupéfiants » est également prévu. Il aura pour objectif « de faire connaître aux clients de la prostitution les conditions de vie et d’exercice de la prostitution ».

Le texte va arriver en mai, ou en juin, à l’ordre du jour du Sénat. Ce mercredi 5 mars 2014, une Commission spéciale a été constituée. Trente sept sénateurs vont commencer à travailler sur le texte et mener diverses auditions.

Georges Makowski

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